L’industrie américaine des véhicules électriques s’apprête à prendre le dessus sur l’Europe

Une nouvelle norme relative à l’efficacité des carburants aux Etats-Unis, mise au point par le gouvernement de Barack Obama le mois dernier, donnera un coup de fouet à l’industrie naissante des véhicules électriques dans le pays. Cette initiative risque toutefois de constituer un nouveau défi pour l’industrie automobile européenne qui devra se montrer à la hauteur pour rester compétitive, expliquent des experts et des acteurs du secteur.

À partir de 2025, les voitures et les utilitaires légers américains seront soumis à une norme d’au moins 54,5 miles par gallon (mpg) en vertu d’une nouvelle réglementation. Cet objectif de kilométrage est le plus ambitieux jamais fixé pour les véhicules alimentés au carburant, selon le ministère américain de l’énergie.

Les seuls véhicules sur le marché américain qui pourront dépasser cette limite de 54,5 mpg (mesurée en équivalent mpg) doivent être au moins partiellement alimentés par de l’électricité, a précisé l’agence américaine pour la protection de l’environnement (EPA).

Cette nouvelle pourrait laisser entrevoir des difficultés pour l’industrie européenne des véhicules électriques. Selon l’ICCT (International Council on Clean Transportation), les chiffres américains se traduiraient en Europe par un objectif d’environ 70 g/km ou 83 g/km au maximum avec les exemptions de crédits pour l’air conditionné.

L’UE a pourtant fixé un objectif d’économie de carburant de 95 g/km à l’horizon 2020 et promis de publier l’année prochaine une communication sur des consultations visant à fixer des objectifs pour 2025.

Matthias Abend, responsable de l’énergie propre chez BMW, un constructeur automobile allemand, a déclaré à EurActiv qu’il était « tout à fait vrai » que les exportations de voitures européennes ne pourraient plus concurrencer les États-Unis si l’écart restait si important entre les objectifs en matière de carburants.

Un objectif difficile

« Mais 71 mpg, c’est un objectif très difficile à atteindre », a-t-il ajouté. « La mobilité électrique jouera un rôle important dans l’application de cette nouvelle norme et pour l’électrification du parc automobile, mais pour atteindre ces objectifs, il faudra compter sur une combinaison de différentes techniques : la mobilité électrique, les voitures hybrides et la réduction des objectifs actuels pour la combustion des carburants. »

L’association européenne des constructeurs automobiles (ACEA) affirme que pour atteindre un objectif de 90 g/km, il faudra introduire un certain nombre de véhicules électriques. L’objectif de 65 g/km, en revanche,  nécessiterait sans doute l’électrification totale du parc automobile.

« Les entreprises américaines ont compris que pour vendre leurs véhicules dans le pays et à l’étranger, elles devaient se concentrer sur l’économie de carburant. Elles ont apparemment accéléré le développement et le déploiement de ces technologies », a expliqué à EurActiv Peter Mock, l’auteur du document de l’ICCT.

« Il s’agit de plus en plus d’une question de concurrence », a-t-il ajouté. « La plupart des gens pensent que les États-Unis sont très mauvais en économie de carburant et en réduction des émissions par rapport aux Européens bien meilleurs. C’était effectivement le cas, mais la situation est en train de changer. »

M. Mock travaillait auparavant pour le constructeur Daimler dans le domaine de la protection de l’environnement.

Les nouvelles règles américaines, qui pourraient encore passer à la trappe si le républicain Mitt Romney remportait les élections présidentielles cette année, obligent les entreprises à réaliser 5 % d’économies de carburant en glissement annuel. Elles ont été très bien accueillies par l’industrie automobile américaine.

Alors que la concurrence fait rage sur la scène mondiale de l’automobile, les États-Unis ont également décidé de fixer un objectif de 35 mpg pour 2016.

La proposition de l’UE pour un niveau de 95 g/km à l’horizon 2020 comprend un engagement à mener une analyse d’impact et, le cas échéant, à fixer de nouveaux objectifs pour 2025 et 2030 d’ici fin décembre 2014.

Arthur Neslen pour EurActiv.com — Traduit de l’anglais par Coline Godard

 

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